Un nouvel esprit du design
De nouvelles lignes aérodynamiques
Les années d’après-guerre font naître le sentiment d’avoir rompu avec le passé pour entrer dans le monde de la modernité. La société connaît alors de profondes mutations notamment dans les transports, l’industrie et l’architecture.
L’automobile abandonne son design minimaliste au profit de lignes élégantes et raffinées aux formes plus courbées. Les phares, les grilles de radiateurs ou les ornements de capot deviennent des éléments stylistiques importants. Les teintes sont variées, voire audacieuses, et les matériaux utilisés par certaines marques sont luxueux (cuir, bois précieux…).
La voiture devient un symbole du statut social et certains modèles, conçus notamment par les marques Bugatti ou Hispano-Suiza, sont de véritables œuvres d’art roulantes au savoir-faire exceptionnel. Toujours en quête de vitesse, les designers développent des formes fuselées obéissant aux principes de l’aérodynamisme et les appliquent à la conception des automobiles, des paquebots, des avions et des trains.
Publicité pour le constructeur automobile Renault, parue dans la revue Femina en novembre 1925. Paris, 1925. Bibliothèque Carnegie, PER X G 22
Planche issue de Pan. Annuaire du luxe à Paris, An 1928, Paul Poiret. Paris : Devambez, 1928. Bibliothèque Carnegie, G 3073
Les affichistes transposent la notion d'aérodynamisme par l'utilisation de lignes qui donnent une impression de mouvement et de vitesse. Ils donnent ainsi la sensation que l'avion, le train ou la voiture se déplacent très vite.
Une architecture moderne
Se dessinent également à cette période de nouveaux paysages urbains.
Certaines constructions deviennent emblématiques comme l’American Radiator Building (1924), le Chrysler Building (1930) ou l’Empire State Building (1931), gratte-ciel superstar immortalisé par le film King Kong en 1933.
Les magnats industriels américains, soucieux de montrer leur puissance financière, font appel à de grands architectes pour construire des immeubles toujours plus hauts et plus richement décorés.
Les lignes sobres et pures des gratte-ciels deviennent alors des éléments de décor utilisés dans les illustrations des magazines et sur les affiches.
Femina, décembre 1928. Paris, 1928. Bibliothèque Carnegie, PER X G 22
La hauteur des gratte-ciel en arrière-plan accentue la silhouette longiligne de la jeune femme. Le jeu de couleurs en noir et jaune des immeubles rappelle celui du lustre.
L’Art déco dans les objets du quotidien
Les motifs simples et stylisés sont compatibles avec les technologies de reproduction en série et avec les nouveaux matériaux introduits dans les processus de fabrication dans les années 1920. Les décors sont facilement transposables et s’adaptent à la matière de l’objet. L’objectif est d’obtenir une beauté utile. L’Art déco se retrouve ainsi non seulement dans l’art et l’architecture, mais aussi dans tout ce qui compose le quotidien : ameublement, décoration, ustensiles de cuisine, produits de beauté, bijoux…
Planches issues de Pan. Annuaire du luxe à Paris, An 1928, Paul Poiret. Paris : Devambez, 1928. Bibliothèque Carnegie, G 3073
Les objets du quotidien, comme la radio et les bagages, adoptent les lignes sobres et épurées de l'Art déco.
L'industrie, source d'inspiration
L'industrie connait un essor considérable dans les années 1920 et devient un symbole de modernité. Les usines et leurs cheminées, dont la verticalité se prête à tous les jeux graphiques, acquièrent le statut de motif et ornent désormais affiches, publicités ou menus, à l’instar des motifs floraux.
Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes, Paris, avril – octobre 1925. Affiche illustrée par André Girard (1901-1968). Paris : Les éditions de l'Image de France, 1925. Bibliothèque Carnegie, CP 567
André Girard remporte en 1925 le concours pour réaliser une des affiches de l’Exposition internationale des Arts décoratifs de 1925. Cette affiche montre l’aspect industriel, en représentant une pyramide d’ouvriers dont le premier tient une vasque à bouts de bras et, en arrière-plan, des usines avec leurs cheminées fumantes.