Jean Goulden (1878-1946)
Portrait de Jean Goulden
Oeuvres de Jean Goulden
Biographie
L’art de se réinventer
Jean Goulden naît le 14 juin 1878 à Charpentry, dans la Meuse. Il est le plus jeune de trois enfants. Son père, Ernest Jacques Goulden, est agriculteur d’origine alsacienne, et sa mère, Marie Renous, vient de Haute-Provence. En 1884, la famille s’installe à Reims où le père devient négociant en vins de Champagne chez Heidsieck & Cie.
Passionné d’art depuis l’enfance, il pratique la musique, le dessin et la peinture. Le jeune homme choisit pourtant de faire des études de médecine. En 1906, il soutient une thèse sur la physiologie du cœur isolé et devient externe à l’hôpital Laënnec à Paris.
Après son mariage en 1904 avec sa cousine anglaise Sybille Bullock-Hall (1880-1932), il s’installe à Paris. De leur union naissent deux filles : Élisabeth en 1904 et Éléonore en 1907. Quelques années plus tard, ils s’établissent à Saint-Raphaël, dans le sud de la France, afin de se rapprocher des proches de son épouse.
Pendant la Première Guerre mondiale, Jean Goulden est mobilisé comme médecin-major. En mission en Turquie, il tombe malade et passe sa convalescence en Grèce, au Mont Athos. Après la guerre, il reçoit la Légion d’honneur et la croix de guerre. A son retour en France, Jean Goulden décide de changer de vie : il quitte la médecine, divorce et devient artiste.
En 1925, il se remarie avec Louise-Amélie-Marguerite-Denise Schmied (1907-1940). Le couple s’installe à Reims et a trois enfants : Françoise née en 1926, Bernard né en 1927 et Annick née en 1928. L’artiste loue un grand atelier cours Anatole-France, puis partage son temps entre la Bretagne, Reims et Paris.
La vie d’artiste
Pendant son séjour en Grèce, Jean Goulden fait la rencontre du peintre animalier Jean Jouve (1878-1973). Inspiré par les paysages et les couleurs du pays, il retrouve le goût de peindre et de dessiner. Durant sa convalescence au Mont Athos, il se fascine pour l’art des émaux byzantins. La technique de l’émail, matière vitreuse fondue à chaud, permettant de recouvrir et de colorer divers objets, deviendra centrale dans son œuvre.
Après la Première Guerre mondiale, Goulden ouvre un atelier à Montparnasse. Il se lie d’amitié avec plusieurs artistes de la période Art déco : le décorateur et sculpteur suisse Jean Dunand (1877-1942) et le graveur François-Louis Schmied (1873-1941). Avec Jean Jouve, ils forment un quatuor artistique. Ils s’inspirent les uns et des autres, collaborent sur des projets communs et s’échangent des commandes. Ensemble, ils exposent régulièrement de 1921 à 1933 à la Galerie Georges Petit à Paris.
Jean Goulden présente ses œuvres dans divers lieux culturels rémois mais également à Paris dans les Salons et galeries, notamment au Salon des Arts décoratifs entre 1924 et 1942. Sa participation à l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925 à Paris est remarquée par de nombreuses personnalités qui lui achètent ses créations. En 1927, il installe son atelier à Reims, derrière la cathédrale. En 1935, il reçoit une commande prestigieuse : réaliser le cadeau destiné au roi George V d’Angleterre pour le jubilé d’argent de son règne.
Malheureusement, la crise économique mondiale des années 1930, puis la Seconde Guerre mondiale, fragilisent sa situation financière et compromettent son travail artistique.
Un style qui lui est propre
Jean Goulden se définit comme peintre et émailleur. Il se spécialise dans l’art de l’émail et notamment dans la technique de l’émail champlevé. Cette technique consiste à creuser de petites cavités dans une plaque de métal, souvent en cuivre, argent ou or, puis à les remplir d’une pâte d’émail composée de sable, de potasse, de soude et d’oxydes métalliques. Après cuisson, le résultat offre des effets de couleur et de lumière d’une grande finesse.
Bien qu’il n’ait pas reçu de formation artistique au départ, Jean Goulden travaille sans relâche pour perfectionner cette technique et en renouvelle l’esthétique. Il l’utilise pour réaliser une grande variété d'objets décoratifs : coffrets, bijoux, encrier, pendule, plaque ou bande pour reliure.Ses créations s’inspirent de la nature, des paysages de Champagne et de ses voyages. Ses compositions figuratives ou abstraites, mêlent formes géométriques simples et motifs stylisés. Il affectionne la ligne noire qui structure ses dessins et aime créer des harmonies de couleurs.
Avec cette technique, il réalise également des reliures qui deviennent de véritables objets d’art . La bibliothèque Carnegie conserve notamment des pièces uniques de l’artiste comme la plaque émaillée sur la reliure de Salonique. La Macédoine. L'Athos qu’il réalise avec son ami François-Louis Schmied (Réserve Atlas 40) ou encore la plaque pour le livre Le Roman du lièvre de Francis Jammes (Réserve reliure G 15).
A la fin de sa vie l’artiste se tourne vers la peinture et cherche à faire passer ses émotions dans ses œuvres en s’éloignant de la géométrie et en simplifiant le trait.
Jean Goulden décède le 14 novembre 1946 à Reims, il est inhumé au cimetière de l’Est.
Le musée des Beaux-Arts de Reims sauvegarde de nombreuses œuvres, maquettes préparatoires et objets réalisés par l’artiste que l’on peut retrouver dans le Musée numérique, portail officiel des Musées de Reims.