Nohad Salameh (1947-....)
Peauésie de l'Adour, 2010. SALAMEH M 23
2015. SALAMEH M 3
2019. SALAMEH P 2
Le fonds Nohad Salameh
Ce fonds se compose d’un ensemble donné à la bibliothèque municipale de Reims en 2021 par la poétesse elle-même.
Il rassemble une riche documentation consacrée à la vie et à l’œuvre de cette artiste : deux albums de photographies, cinq portraits au dessin et au fusain, quatre recueils poétiques manuscrits enrichis d’illustrations et de collages, deux albums de correspondance ainsi qu’un corpus de cent livres d’artiste.
Biographie
Nohad Salameh est née à Baalbek (Liban) en 1947. Son père Youssef Fadlallah Salameh (1906-2001), poète en langue arabe et fondateur du magazine Jupiter, lui transmet le goût de la littérature.
Une œuvre entre textes journalistiques, écrits poétiques et créations artistiques
Elle débute sa carrière dans le journalisme littéraire à Beyrouth (Liban), en dirigeant dès 1973 les pages culturelles du journal francophone As-Safa, puis, de 1976 à 1988, celles du quotidien Le Réveil.
Son œuvre poétique commence dans les années 1980 avec la publication des Enfants d’avril en 1980. Parmi les œuvres de Nohad Salameh, on compte quatre essais dont Rimbaud l’Oriental (1991) ou Marcheuses au bord du gouffre (2018), et quatorze recueils poétiques parmi lesquels Passagère de la durée (2010) et Le Livre de Lilith (2016). Ses poèmes sont traduits en arabe, anglais, espagnol, roumain et serbe. Exil, amour, mal-être, déchirure, double-pays et double-langage constituent les principales thématiques de son œuvre située à mi-chemin entre le Liban et la France. Certains écrits de Nohad Salameh sont consacrés à la femme et cherchent à réhabiliter des figures féminines décriées pour leur liberté et leur affranchissement des codes. Son essai Marcheuses au bord du gouffre met en lumière onze femmes créatrices d’œuvres riches et puissantes, marquées par un destin tragique.
L’autrice est également artiste : elle enrichit quatre recueils poétiques manuscrits d’illustrations et de collages . Inspirée par les paysages de son pays natal, le Liban, elle en recrée l’architecture dans un univers coloré aux mille formes. Les collages du manuscrit de Baalbek, les demeures sacrificielles restituent ainsi la splendeur des temples de cette cité antique. Elle décore aussi les recueils de son époux, Marc Alyn (1937-2025), rencontré en 1972 à Beyrouth et épousé en pleine guerre civile en 1988.
Des poèmes, sources d’inspiration et de collaborations artistiques
Le livre d’artiste est un support qu’affectionne la poétesse puisqu’elle a participé à une centaine de créations, aux matériaux et aux formes variés. Elle collabore régulièrement avec des artistes français, libanais ou internationaux tels que Colette Deblé (1944-….), Etel Adnan (1925-2021), Youl (1947-....), Dominique Pinchi (1951-....), et Lô (sd).
Ceux conçus avec la rémoise Colette Deblé ou Lô se distinguent par leurs originalités. La première crée des livres d’artistes sur feuilles de riz, ce qui donne de la transparence à ces œuvres. Les créations de Lô sont des « livres de verre », dont la reliure est entièrement conçue en diverses textures de verre teinté et coloré fabriquées par l’artiste elle-même.
Nohad Salameh entretient une correspondance avec divers auteurs et artistes comme l’auteur Jean d’Ormesson (1925-2017), des poètes français et libanais tels qu’Andrée Chedid (1920-2011), Salah Stetié (1920-2020) et Pierrette Micheloud (1915-2007). Ces lettres témoignent de leur amitié et complicité professionnelle. Certaines éclairent le processus de création de livres d’artiste à partir des écrits de Nohad Salameh : des peintres et dessinateurs lui expliquent leur démarche, détaillent la manière dont ses poèmes les inspirent et le parti-pris qu’ils souhaitent adopter pour illustrer ses textes.
Une production littéraire reconnue
Son œuvre a reçu de nombreux prix littéraires : le Prix Louise Labé en 1988 pour L’Autre écriture, le Grand Prix d’automne de la Société des Gens de Lettres en 2007, pour l’ensemble de l’œuvre et le Prix Européen de poésie Leopold Senghor en 2020. Nohad Salameh est membre du jury du Prix Louise Labé et de l’Académie Mallarmé mais également Officier dans l’ordre des Palmes académiques.
Son anthologie D’Autres annonciations, parue en juin 2012 aux éditions Le Castor astral, a reçu en 2013 le prix Verlaine de l’Académie française.
Pour finir, Nohad Salameh reçoit six médailles à différentes étapes de sa carrière littéraire, témoignage de la reconnaissance de son œuvre tant dans le domaine de la poésie que de l’essai . La médaille reçue lors de la remise de la Rose d’Or des Poètes français en 1989 est délicatement ornée sur le dessus d’une rose et sur le dessous de la citation « Les roses ont des épines ? Non les roses ont des étoiles ».
En 2022, la bibliothèque Carnegie rend hommage à l'oeuvre prolifique de Nohad Salameh en organisant l'exposition Nohad Salameh, passagère de la durée. Elle a acquis en 2025 le dernier ouvrage réalisé par Nohad Salameh et Marc Alyn en collaboration avec le peintre Bernard Alligand.
Bibliographie
D'autres annonciations : poèmes 1980-2012 / N...
Livre | Salameh, Nohad J. (1947-....). Auteur | 2012
Poèmes d'inspiration surréaliste, marqués par le mysticisme, la sensualité et la lumière de l'Orient. Electre 2018
Les enfants d'avril. suivi de Beyrouth en for...
Livre | Salameh, Nohad J. (1947-....) | 1990
Ce "journal de guerre", oeuvre d'un poète doublé d'un journaliste, décrit au quotidien les sursauts de la guerre du Liban.
Marcheuses au bord du gouffre : onze figures ...
Livre | Salameh, Nohad (1947-....). Auteur | 2017
Portrait de onze écrivaines qui ont payé de leur vie leur passion pour la littérature et leur volonté d'aller au-delà des conventions. Parmi elles Emily Dickinson, Else Lasker-Schüler, Renée Vivien ou encore Nelly Sachs. Electre ...
Le livre de Lilith / Nohad Salameh
Livre | Salameh, Nohad J. (1947-....). Auteur | 2016
Ces poèmes sont consacrés à la première femme d'Adam, Lilith, qui, refusant de se soumettre au joug masculin, dut fuir avant d'être condamnée à l'errance. Considérée comme une figure malfaisante, elle est ici évoquée comme un pers...