René Lalique (1860-1945)
Portrait de René Lalique
Créations de René Lalique - CLXXI
Biographie
Né le 4 avril 1860 à Aÿ, en Champagne, René Lalique meurt le 1er mai 1945 dans son hôtel particulier à Paris. Il est enterré au cimetière du Père Lachaise.
Le succès au rendez-vous
A l’âge de 2 ans, René Lalique rejoint son père à Paris. Il obtient à 12 ans un premier prix de dessin au collège Turgot puis à 15 ans devient apprenti chez le grand orfèvre Louis Aucoc (1850-1932). Le jeune homme intègre l’Ecole des Arts Décoratifs à Paris en 1876 puis le Sydenham Art College, école anglaise des Beaux-Arts, de 1878 à 1880. Il fréquente ensuite l’école des arts décoratifs Bernard Palissy, où Justin Lequien (1826-1882) l’initie à la sculpture.
Dès 1882, il se met à son compte et fonde deux ans plus tard l’entreprise “Lalique & Devarenne”. En 1886, l’artiste ouvre son premier atelier à Paris et sa vitrine place Gaillon. Son succès lui permet d’ouvrir d’autres ateliers et sa renommée devient internationale. La comédienne Sarah Bernhardt (1844-1923) lui commande ses bijoux de scène et le financier milliardaire arménien Calouste Gulbenkian (1869-1955) lui achète entre 150 et 200 bijoux qui sont désormais exposés et conservés au musée Calouste Gulbenkian à Lisbonne.
Son talent est consacré en 1900 lors de l’Exposition Universelle. René Lalique devient riche et fait bâtir en 1902 un hôtel particulier situé 40 Cours Albert 1er à Paris où il réside jusqu’à la fin de sa vie.
Un artiste innovant et prolifique
A la fois joaillier, maître-verrier mais aussi sculpteur, René Lalique a su innover dans chaque domaine. Son tempérament passionné et son goût pour les nouveaux défis le conduisent à se lancer en 1906 dans la conception et la réalisation de flacons pour parfums pour le célèbre parfumeur François Coty (1874-1934). Il conçoit dans sa verrerie située en Seine-et-Marne de nombreuses techniques inventives pour lesquelles il dépose des brevets, dont le premier en 1909 pour un procédé de moulage.
Iconoclaste et excentrique, René Lalique a également révolutionné l’art joaillier. Sa créativité s’exprime dans les réalisations les plus diverses : éléments architecturaux ou religieux, bijoux, cadres et horloges, plafonniers et lampes, articles de table, architecture d’intérieur, sculpture, bouchons de radiateurs, flacons, poudriers, boites et accessoires de bureau, mobilier décoratif, vases et objets pour la table.
Son talent lui vaut à 37 ans le grade de Chevalier de la Légion d’honneur.
De l’Art Nouveau à l’Art déco
Les motifs et le style des créations de René Lalique sont emblématiques de l’Art Nouveau. Fleurs, plantes, animaux, insectes, femmes sont représentés à travers des lignes courbes, des formes arrondies ou des arabesques caractéristiques du mouvement Art Nouveau. Mais si la nature reste présente jusqu’à la fin dans l’œuvre de René Lalique, il s’adapte ensuite au style Art déco, plus géométrique. C’est surtout en tant que maître-verrier qu’il représente le mieux ce style. Son talent sera d’ailleurs à nouveau reconnu lors de l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925 de Paris.
Lalique et la Champagne
Bien qu’ayant principalement vécu et travaillé à Paris, René Lalique reste très attaché à ses origines champenoises. On retrouve en effet le motif du vin et de la vigne dans un grand nombre de ses œuvres. De même, l’omniprésence de la nature avec les motifs récurrents de la faune et de la flore lui a sans doute été inspirée par les promenades avec son grand-père maternel, lorsqu’il était enfant, sur les bords de Marne.
Par ailleurs, l’artiste devient ami avec Georges Charbonneaux (1865-1933), industriel rémois qui lui achète plusieurs bijoux pour son épouse et l’associe au projet de décoration de l’église Saint-Nicaise à Reims. Ainsi, en 1925, la décoration dans un style Art déco des baies de l’église Saint-Nicaise est confiée à René Lalique et Jacques Simon (1890-1974), autre grand maître-verrier de l’époque.