Pour sa quatrième édition à Reims, les Mycéliades investissent à nouveau la médiathèque Jean Falala, en partenariat avec l’Université de Reims. Au programme : trois projections explorant les catastrophes naturelles et notre capacité à y résister, ainsi qu’une rencontre avec Émilie Querbalec, autrice de science-fiction reconnue, qui invite le public à renouer avec la beauté du vivant lors d’un atelier d’écriture.
S’ajoutent également des ateliers de jeux vidéo et des rencontres scientifiques : Monté de Linguisticae, youtubeur, dialogue avec Machteld Meulleman, maîtresse de conférences en linguistique, sur le déclin et la renaissance des langues, tandis qu’Olivier Lejeune, universitaire, éclaire les nouveaux enjeux liés au réchauffement climatique et au monde de demain.
Bienvenue dans un voyage riche en découvertes et en défis, où la fin du monde est encore loin d’être écrite !
Les Fils de l'homme
Un film d’Alfonso Cuaron(Etats-Unis, Grande-Bretagne, 2005, 1h44)
avec Clive Owen, Julianne Moore et Michael Caine.
Film en version originale sous-titrée en français.
Accord parental
« Dans ce film rageur, à mi-chemin entre blockbuster et cinéma d’auteur, Alfonso Cuarón, déjà très inspiré avec Gravity, saisit le spectateur grâce à une mise en scène nerveuse, presque documentaire, qui évoque les reportages de guerre. Clive Owen y incarne à la perfection un héros désabusé qui, en protégeant une jeune mère, retrouve peu à peu son humanité. Car au-delà de son souffle spectaculaire, le film dresse aussi le portrait sombre d’une société ayant perdu ses valeurs humaines. » Sophie L., bibliothécaire.
La séance est animé par Claude Bégué, animateur de ciné-club.
Le Jour d'Après
Un film de Roland Emmerich(Etats-Unis, 2004, 2h)
avec Jake Gyllenhaal, Dennis Quaid, Emmy Rossum. Film en français.
« Même si Le Jour d’après reste typiquement hollywoodien et porte tous les clichés du genre, il s’impose comme un film catastrophe de grande qualité grâce à ses effets spéciaux spectaculaires. Les scènes de tsunamis et de typhons, ainsi que les images de New York sous la neige, sont saisissantes. Les amateurs du genre y trouveront leur compte. Le film a également le mérite rare de sensibiliser aux dangers du changement climatique dans un futur proche, un thème peu exploré au cinéma jusqu’alors. » Sophie L., bibliothécaire
Cette projection s’inscrit dans le cycle de conférence Euréka !. Elle est suivie de l’intervention d’Olivier Lejeune, maître de conférences au GEGENA (URCA) en géographie physique qui répondra aux questions du public sur le changement climatique.
Ciné-Goûter
Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau
Un film d’animation de Glints Zilbalodis. (Belgique, France, 2024, 1h24 min.)
Oscar et César du Meilleur film d’animation de 2025.
A partir de 8 ans.
« À travers l’aventure d’animaux confrontés aux bouleversements d’une nature devenue incontrôlable, Flow, le chat qui n’avait plus peur de l’eau esquisse le portrait d’une humanité en devenir. Dépourvu de dialogues, ce film d’animation déploie une succession de tableaux vivants, soutenus par une mise en scène virtuose. Le spectateur en ressort captivé par cette expérience visuelle d’une rare beauté. » Sophie L., bibliothécaire.
Conférence
Monté de Linguisticae, créateur de la chaîne YouTube Linguisticae, et Machteld Meulleman, maîtresse de conférences en sciences du langage à l’URCA. aborderont l’extinction et la renaissance des langues : comment une langue peut disparaître ou, à l’inverse, se reconstruire à la lumière des dynamiques évolutives liées aux migrations ou aux colonisations. Ils évoqueront également les langues fictives et leur rôle dans les ressorts scénaristiques.
D'un autre œil est un cycle de conférences en sciences humaines et sociales à la médiathèque Jean Falala proposé par la Bibliothèque municipale de Reims et la Bibliothèque universitaire de l’URCA.

« A la découverte des abîmes »
Atelier d’écriture avec Emilie Querbalec, autrice de science-fiction
Le temps d’un après-midi, nous vous invitons à embarquer aux côtés d’Émilie Querbalec, autrice des Chants de Nüying, pour une plongée « à la découverte des abîmes ».Laissez-vous guider dans une exploration créative des animaux et des écosystèmes des grands fonds marins ; aventurez-vous dans une démarche prospective de science-fiction où l’imaginaire éclaire les futurs possibles des océans et révèle la richesse insoupçonnée de leurs formes de vie. Cet atelier d’écriture sera également l’occasion de découvrir l’œuvre d’Émilie Querbalec et sa manière de construire des thématiques futuristes.
L’atelier sera suivi d’une séance de dédicaces.
Critique littéraire
Le Déluge de Stephen Markley
Le Déluge, livre-monde, livre-monstre, est la chronique d’un désastre annoncé : l’effondrement climatique provoqué par le réchauffement planétaire. Réaliste, efficace et profondément effrayant !
Stephen Markley a mis dix ans à écrire ce roman hors norme, et il impressionne à plus d’un titre : près de mille pages déployées sur trois décennies, ponctuées de descriptions d’apocalypses écologiques d’une puissance saisissante. L’ensemble peut parfois sembler oppressant, mais il ne faudrait pas douter de l’extrême efficacité de ce roman d’anticipation, portée par une écriture rigoureuse et minutieusement documentée.
Si le cœur de l’action se situe aux États-Unis, ce récit hyperréaliste offre une radiographie implacable de l’incapacité du monde à enrayer la hausse des températures et à en assumer les conséquences irréversibles : impuissance des responsables politiques, tiraillés entre populisme et compromis stériles ; avertissements des scientifiques, ignorés malgré l’urgence ; irruption mal maîtrisée de technologies comme l’intelligence artificielle ; cynisme des lobbys, soutenus par des médias opportunistes, qui perpétuent un capitalisme mortifère…
Mais au-delà de cette fresque sociétale, Le Déluge trouve sa véritable force dans le portrait intime de six personnages (comme les six degrés qui nous séparent de la fin du monde). À travers leurs trajectoires., le roman interroge la portée des actions individuelles, leurs limites et leur possible radicalité. Dans cette dystopie plus vraie que nature, Stephen Markley questionne finalement la capacité de l’humanité à affronter le grand bouleversement climatique, inéluctable, qui l’attend. Sommes-nous prêts ? Rien n’est moins sûr. »
Sophie L., bibliothécaire.
La parabole du semeur d'Octavia E. Bluter
Lauren Oya Olamina vit avec sa famille, dans un quartier sécurisé de Los Angeles. Entre ses murs, ils sont protégés du chaos et de la destruction du monde. Ils y mènent une vie simple et recentrée sur les membres de leur communauté. Mais le quartier de Robelos ne peut pas échapper au changement ; car Dieu est changement. Cette révélation lui est venue, la transposant dans un rôle de prêcheuse. Elle a perdu foi en la croyance de son père pasteur et, en se préparant à ce changement qu'elle sent venir, elle écrit Semence de la terre, Le livre des vivants : Dieu est changement et les hommes ont vocation à se tourner vers les étoiles.
La parabole du semeur d'Octavia E. Bluter, est une remarquable fresque sur l'avenir de l'humanité face au changement climatique et aux inégalités. Avec une écriture pragmatique, l'autrice dresse le portrait des Etats-unis en proie à la misère, la destruction, la famine, le manque d'eau. Les malheureux s'abritent dans les ruines où errent à pied sur l'autoroute en quête d'un espoir. Les pillards saccagent, brûlent, violent, tuent. Cependant, dans ce monde menaçant, restent encore quelques solidarités, qui malgré les peurs, ne demandent qu'à éclore. Semence de la terre fait naître, en ceux qu'elle rencontre, la résilience et la foi en la possibilité de bâtir un avenir désirable. »
Clara V, bibliothécaire
Les Mains Vides d’Elio Possoz
Avec Les Mains Vides, paru en 2025 aux éditions La Volte, Elio Possoz nous embarque dans une randonnée cyclo-poético-politique.
Dans un futur proche où la civilisation basée sur le pétrole s’est effondrée, des communas libertaires se partagent le territoire et coexistent avec des cités capitalistes héritées de l’ancien monde. À la suite d’une rupture amoureuse un.e membre de l’Amoureraie quitte son foyer et prend la route à vélo vers le nord pour échapper à la Torpeur, une vague de chaleur, et au confinement estival.
Comme dans un récit de voyage l’auteur nous fait découvrir un monde qui s’écroule et se reconstruit dans le même temps. Des plaines entièrement polluées et des collines verdoyantes où la nature a repris ses droits se succèdent. Des petits foyers d’utopies anarchistes, où priment le respect pour l’ensemble du vivant, l’entraide et le partage forment un Horizhome. Une façon de vivre ensemble comme alternative aux vertis, héritiers de notre monde.
Ellio Possoz va au bout de ses convictions en créant une communauté de vie avec sa langue, nouvelle, inventive, truffées de néologisme, d’emprunts et d’argots futuristes. L‘histoire contée à la deuxième personne et le flou sur l’identité de genre de la plupart des personnages apportent une bienveillance et une douceur au récit.
Un livre d'expérimentation et un discours engagé réellement eutopiques et optimistes !
Sylvain P., bibliothécaire
Ecotopia d’Ernest Callenbach
Au début du deuxième millénaire, trois États américains, l’Orégon, la Californie et l’Etat de Washington, font le choix de faire sécession avec les Etats-Unis pour fonder une nation nouvelle, Écotopia, fondée sur un rapport soutenable à la nature. 20 ans plus tard, un journaliste new-yorkais du « Time-post », William Weston, est envoyé sur place. Au cours de son séjour, il décrit les modes de vie écotopien : l’absence de voiture, le tri des déchets, les 20 heures de travail hebdomadaires, etc. Parallèlement à son travail de terrain, William entame un journal intime qui témoigne de son évolution intérieure encouragée par sa rencontre avec Marissa qui co-dirige une exploitation forestière.
Publié en 1975, Ecotopia a été un best-seller aux Etats-Unis. 50 ans plus tard, ce roman de science-fiction qui décrit un système social éloigné du consumérisme résonne toujours avec force dans notre monde contemporain toujours plus concerné par le changement climatique. Il a le grand mérite de rendre désirable et joyeux une société écolo.
Audrey P., bibliothécaire