La Séance Controverse

How to Have Sex
Un film de Molly Manning Walker.(Royaume-Uni, 2023, 1h36)
Avec Mia McKenna-Bruce, Lara Peake, Enva Lewis.
Prix Un certain regard. Festival de Cannes 2023
Le film How to have sex réalisé par Molly Manning Walker raconte l'histoire de Tara qui part en vacances dans un hôtel en Crète avec ses deux meilleures amies. Leur objectif est de faire la fête, de boire, et de vivre leurs “premières fois”, comme beaucoup de jeunes de leur âge. Ce film montre combien à l'adolescence la sexualité est souvent vécue davantage comme une norme sociale que comme un désir intime. Le film explore la difficulté de dire "non" dans un contexte où la fête, l'alcool et le groupe brouillent les repères. Virginie Bénévent
La séance est suivie d'un échange avec le public , proposée et accompagnée par Virginie Bénévent, professionnelle de l'éducation aux images, elle a été coordinatrice pour le Blackmaria , le pôle régional d'éducation aux images.

Bullhead
Un film de Michaël R. Roskam.Belgique, 2012, 2h09.
Avec Matthias Schoenaerts, Jeroen Perceval, Jeanne Dando.
"Nommé pour l’Oscar du meilleur film en langue étrangère et premier long-métrage de Michaël R. Roskam, Bullhead raconte l’histoire terrible de Jacky Vanmarsenille, un propriétaire de bétail à Saint-Trond, en Belgique flamande, impliqué dans le trafic d’hormones organisé par la « mafia du bœuf » locale. Alors que l’étau se resserre, son passé, ses secrets, ses désirs et ses obsessions se conjuguent en une violence bestiale. À l’instar d’un Minotaure en cage, il n’attend qu’une chose : qu’elle explose.
Sous les oripeaux du polar et du néo-noir, le film se rapproche de la tragédie, tant la descente aux enfers est esquissée des ses prémisses. En y entrant, comme chez Dante, on abandonne tout espoir. Reliant constamment l’homme à l’animal, Bullhead pointe du doigt l’enfer de l’élevage industriel et de la quête de la performance, qui brise les taureaux autant que Jacky, lequel construit sa virilité artificiellement, à la manière de ses bêtes dopées aux hormones.En creux, se dessine surtout une incroyable vision de la masculinité en crise, où la recherche de la virilité, seul modèle que connaît Jacky, conduit à soumettre son corps et celui des autres aux plus affreuses transformations.
La performance habitée de Matthias Schoenaerts, la noirceur des paysages désolés, l’environnement social de l’élevage intensif et l’animalité sauvage qui hante le récit concourent à faire de Bullhead une expérience brutale. Un film qui malmène des corps plus fragiles qu’on ne le croit et invite à se demander jusqu’où sommes-nous prêts à nous détruire pour nous conformer à un modèle en perdition."
Grégoire Poupet
La séance est suivie d'un échange avec le public , proposée et accompagnée par Grégoire Poupet,passionné de cinéma depuis l'adolescence et enseignant de cinéma-audiovisuel et histoire-géographie.

Diamant Brut
Un film de Agathe RiedingerFrance, 2024, 2023, 1h43.
Avec Malou Khebizi , Idir Azougli, Andréa Bescond
Avec ce premier film, Agathe Riedinger signe un magnifique coup d'essai. Déjà esquissée dans le court-métrage J'attends Jupiter (2017), l'histoire de Liane profite du passage au long format, où elle peut s'épanouir librement. Transformations physiques, violence des réseaux sociaux et de l'entourage... Le chemin qui conduira – peut-être – Liane à vivre son rêve s'apparente à un chemin de croix. En s'inscrivant son récit à la croisée du conte et du clip, Agathe Riedinger propose une réflexion ultra-moderne sur une jeunesse contemporaine rivée au reflet que lui renvoie ce miroir aux alouettes et nous laisse avec une question troublante : quel rôle chacun.e de nous joue-t-il/elle dans cette fabrique à rêves impossibles ? Alexandre Liébart
La séance est suivie d'un échange avec le public, proposée et accompagnée par Alexandre Liébart passionné de cinéma.

Les Garçons Sauvages
Un film de Bertarnd MandicoFrance , 2018, 2h09 min.
Avec Pauline Lorillard, Vimala Pons, Diane Rouxel
Interdit aux moins de 12 ans.
Les Garçons sauvages est le premier long-métrage de Bertrand Mandico , dandy excentrique, qui identifie le cinéma à une explosion de formes, de matières agencées en fantasmagories délirantes .
Un art du récit, à la fois artisanal et sophistiqué, marqué au fer rouge par l’esthétique « camp », la puissance de l’imaginaire et une croyance jamais prise en défaut pour des images revenues des origines pionnières et foraines du cinéma ; les noces barbares de Méliès, des surréalistes et du mouvement queer.
Une impureté fondamentale , donc.
Le film se donne à ressentir comme un conte initiatique, entre récit d’exploration (une île mystérieuse) et une odyssée de la métamorphose des corps.
C’est, sans doute, l’audace, la liberté de Mandico, sa démesure et son inscription dans le monde magique de l’enfance qui sidèrent ici.
- Une bande de cinq « garçons », dans la fureur pulsionnelle de leur âge, se (dé)livrent de leur identité de genre en une sarabande endiablée pour repousser toutes les frontières et les atavismes ( toujours trop sages) du cinéma français .Il faut considérer Mandico comme un laborantin de l’image, un sorcier de la pellicule, planté gaillardement dans le territoire magique de l’adolescence, de ses secrets partagés et de leur ouverture sur le monde " Claude Bégué
La séance est suivie d'un échange avec le public, proposée et accompagnée par Claude Bégué animateur de ciné-club.
La séance Controverse, le rendez-vous mensuel du cinéma différent et impertinent destiné à un public averti de 15 ans et plus s'ouvre à différents regards.
Pour cette saison la thématique retenue est "Hard-corps" avec 4 films abordant différentes formes de violences corporelles subies ou infligées.