Une Grande couronne déroutante mais payante
"grande couronne", un roman de Salomé Kiner
« Dans une banlieue pavillonnaire à la fin des années 1990, une adolescente rêve de partir pour devenir hôtesse de l'air. Mais sa famille vacille, bouleversant ses repères. En moins d'un an, sans renoncer à ses désirs, elle apprend à comprendre ses émotions, tient tête à ses amies, assume des responsabilités trop grandes pour elle et vit ses premières expériences sexuelles. »
La « Grande couronne », c’est la périphérie parisienne où l’héroïne se prostitue comme si tout était normal. C’est tellement culotté qu’on n'y croit pas au début, puis petit à petit, quand on commence à comprendre d’où vient l’héroïne, et qu’on cerne mieux l’environnement social dans lequel elle évolue – réel ou pas d’ailleurs peu importe – c’est là qu’on se dit qu’on a affaire à un écrivain.
Avec "Grande couronne", Salomé Kiner frappe fort. Très fort même, et juste. Parce qu’il y a ce grand écart entre la crudité des situations et le langage recherché à la limite de la vraisemblance parfois. On sent ainsi la langue vivante et libre. En un mot on sent le style ! Et c’est drôle par moments. Il faut passer outre la crudité de certaines situations, même si elles sont nécessaires à l’intrigue, pour situer les personnages dans leur environnement car l’essentiel n’est pas là comme souvent en littérature.
Salomé Kiner est capable de nous entraîner dans le sillage de cette héroïne à laquelle on s’attache et dont on voudrait connaître la suite des aventures. Il n’en reste pas moins en filigrane un portrait décapant de notre société et de ses dérives.
On attend le prochain titre de cet écrivain avec curiosité.
La Grande couronne est ici
Écrit par Alexandre B.